Category: Livres,Romans et littérature,Littérature italienne
Mon frère est fils unique Details
«Tu es devenu communiste ? - Non, anarchiste. - C'est déjà ça.» Antonio Pennacchi. Né à Latina en 1950 et depuis : marié, père de deux enfants, grand-père. Jusqu'à récemment, il fut travailleur de nuit dans une usine. Très jeune, il s'inscrit au MSI (parti néofasciste), avant d'en être expulsé et de rejoindre les troupes marxistes-léninistes, puis le Parti Communiste Italien ainsi que de nombreux syndicats et mouvements comme le PSI, la CGIL, la UIL... En 1982, son expulsion de la CGIL marque une rupture avec la politique. Il a alors plus de quarante ans, fréquente pour la première fois les bancs de la fac, et se met à écrire des romans.

Reviews
Si l'on veut comprendre la vie politique italienne des soixante dernières années et, dans une plus large mesure, l'éloignement croissant des peuples européens des élites censées les représenter dans les démocraties, il faut, toutes affaires cessantes, lire ce livre exceptionnel, autant souvenirs romancés que roman fortement autobiographique.En premier lieu, le style, d'une rare vérité dans son évocation de la vie populaire, fait penser au meilleur Céline, celui de Mort à crédit. La traduction, exemplaire, sait en garder toute la vitalité.Le personnage principal, mal aimé de sa famille pauvre qui aurait préféré le destiner à la prêtrise, fait l'apprentissage de la vie, et au premier chef de la vie politique, dans l'Italie des années soixante, dans une région très peu connue des touristes, celle des Marais Pontins, au sud de Rome, assainie et pour ainsi dire créée de toutes pièces par Mussolini dans les années trente. Le souvenir de cette réussite exemplaire du régime fasciste explique en partie la forte implantation dans ces lieux des nostalgiques du Duce et les premiers engagements du "héros". Celui-ci sera pourtant amèrement déçu de constater le considérable fossé existant entre les dirigeants et le peuple, même dans ce parti qui se réclame avant tout de lui. Il changera radicalement d'engagement, comme l'indique le titre original italien, "le fascio-communiste".En arrière-fond, c'est un tableau sans complaisance de l'Italie des interminables années pendant lesquelles la Démocratie chrétienne avait confisqué à son profit exclusif et quasiment mafieux la totalité du pouvoir politique et où toute alternance s'avérait impossible. Cela devait déboucher sur les "années de plomb", la violence quotidienne et une impuissance politique dont l'Italie n'est toujours pas vraiment sortie.Depuis ce livre exceptionnel, l'auteur (né en 1950) a livré un nouveau chef-d'?uvre, plus ambitieux encore, Canal Mussolini, également traduit en français.


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